Formation pratique
Préparation à l’examen modèle 4
Par Thierry Maroit –
1. Préambule
La manipulation des armes à feu exige une très bonne connaissance des principes élémentaires de fonctionnement. La sécurité est un maître-mot de tous les instants. Votre sécurité est engagée de même que celle des autres. Une arme à feu peut devenir dangereuse lorsque mal manipulée. Les incidents de tir existent, la mécanique, la physique et la chimie ne sont pas infaillibles ; les incidents peuvent survenir malgré les précautions et protocoles de sécurité. Il convient à tout prix d’éviter que l’incident ne devienne un accident. La rigueur, le respect des procédures et la concentration garantissent la sécurité.
Ce document de synthèse est destiné à vous initier ou vous rappeler les règles de base du tir en bonne connaissance de cause.
2. Sécurité passive
Le port de lunettes est obligatoire, pourquoi ?
Il est toujours possible qu’un fragment de projectile rebondisse sur les blindages qui se trouvent installés derrière les cibles (même s’ils sont orientés de telle manière à ce que cela soit évité) et vous revienne dans votre box. Vos yeux sont précieux, ne prenez aucun risque.
Votre arme ou une munition peut présenter une défectuosité qui entraîne un bris ou des projections qui vous reviennent au visage.
Vous ne pouvez jamais abandonner votre arme où que ce soit et certainement pas sur un pas de tir. C’est une faute grave qui peut vous valoir l’exclusion du club. Exemple, votre voisin de pas de tir a un problème et sollicite votre aide, vous quittez votre pas de tir en déposant votre arme sur la tablette de votre box : FAUTE.
Votre voisin fait un malaise soudain, vous vous précipitez pour le secourir en abandonnant votre arme : FAUTE. L’arme doit toujours être conditionnée en sécurité dans sa trousse de transport avant tout déplacement dans le stand ou le club. (déchargée – cadenas de pontet – munitions séparées – sac ou valise verrouillée)
Vous ne retournez JAMAIS l’arme canon vers vous ou en direction de quelqu’un MEME si elle est vide. Vous ne regardez JAMAIS dans le canon, bouche vers vous ; si vous souhaitez voir l’état de votre canon, sa vacuité, sa propreté ou l’état des rayures, vous l’observez du point de vue de la chambre ou quand c’est possible (pistolet) une fois le canon démonté hors de la glissière. Vous serez exclu de l’examen ou du club si pareille opération dangereuse était constatée par les commissaires de tir qui veillent au respect des règles.
Votre arme ne peut quitter le box sans être rangée, en sécurité, dans sa trousse de transport. Pas question de passer une arme d’un box à l’autre, ou de manipuler l’arme en dehors du box pour quelque raison que ce soit.
Lorsque l’arme est inactive et déposée sur la tablette du box de tir, le safety flag à votre disposition doit être introduit dans la chambre, bien visible pour le commissaire de tir. Pareille opération sera réalisée lors d’un arrêt de tir.
Dans la cafétéria, l’arme ne peut être sortie de sa trousse de transport
3. Conditions d’accès au pas de tir
Être dûment inscrit.e et en ordre de cotisation au STDG et à l’URSTBF
Porter sa carte d’affiliation bien visiblement (carte jaune URSTBF)
L’arme est en sécurité dans sa trousse , munitions séparées, accompagnée de son identification modèle 4 (papier vert estampillé Gouverneur) ou LTS.
En formation vous êtes accompagné.e du formateur
Invité.e, vous vous êtes inscrit.es au secrétariat comme tireur.se d’un jour
Vous n’avez pas consommé de boisson alcoolisée ou de drogues
4. Formalités pour les examens modèle 4
3 catégories d’examen existent en format récréatif ; chaque examen vous permet de disposer d’une attestation vous permettant d’utiliser ou acquérir le type d’arme en question :
Pistolet
Revolver
Arme d’épaule
Vous devez disposer de l’examen théorique « police » avant l’inscription à la formation pratique. Une COPIE de l’attestation de réussite DOIT être fournie au secrétariat du STDG à l’attention du responsable des examens modèle 4 (Thierry MAROIT, président)
Vous devez compléter le document d’inscription à l’examen modèle 4, disponible au secrétariat, et y renseigner vos coordonnées ainsi que la catégorie d’arme souhaitée
Un formateur vous sera alors attribué.e
Un calendrier de formation vous sera proposé
Le formateur jugera de votre aptitude après quelques séances d’exercices pratiques et vous proposera une date de session d’examen
Une fois l’examen réussi, vous disposerez d’une attestation, sésame pour l’acquisition d’une arme sous modèle 4 après accord des services du Gouverneur de la Province.
5. Erreurs à ne pas commettre en formation et aux examens
Le doigt et la détente
Lors de l’examen, entre chaque tir, le doigt est ôté de la détente et maintenu le long du pontet (revolver), le long de la glissière (pistolet) ou du verrou (carabine). C’est seulement au moment où les organes de visée sont alignés (cran de mire et guidon) par votre œil directeur que le doigt peut être repositionné sur le levier de détente afin de faire feu. L’erreur est une cause d’échec lors de l’examen
5 munitions dans une arme !
Le ROI du club et les consignes de la fédération imposent de n’introduire que 5 cartouches dans un chargeur ou un barillet même si l’arme peut en contenir davantage ; ne vous laissez pas déstabiliser par un examinateur qui vous demanderait d’introduire 6 cartouches dans un chargeur ou barillet, ce serait un motif d’échec !.
6. Sécurité active : les procédures : « long feu », coup « faible », « halte au feu »
• Le long feu
Définition :
Phénomène physico-chimique qui occasionne un délai entre la percussion et la réaction explosive de l’amorce d’une munition : mise à feu de la poudre retardée par rapport à la pression de la détente ou absence totale de mise à feu.
Causes possibles du long feu:
une défectuosité de l’amorce de la cartouche
un disfonctionnement de la mécanique qui actionne le percuteur
une percussion insuffisante par usure du percuteur
En français dans le texte : l’expression de la langue française « faire long feu » signifie donc « échouer », « ne pas fonctionner » et provient de notre discipline du tir (les longs feu étaient fréquents sur les armes à feu primitives).
« Ne pas faire long feu » signifie donc… réussir. Cette expression est régulièrement confondue avec l’idée de ne pas durer mais c’est une erreur de langage fréquente pour les non-initiés… Par exemple, si l’on dit « la proposition de réforme des pensions a fait long feu », cela signifie que la proposition n’a pas été adoptée ; elle a échoué.
Procédure de sécurisation de l’arme en situation de long feu pour pistolet et arme d’épaule :
Vous pressez la détente, vous n’entendez qu’un faible clic, pas de détonation ; le percuteur est venu frapper l’amorce (percussion centrale) ou l’étui (percussion annulaire) mais le coup n’est pas parti. Cette situation est vécue réellement de temps à autre par les tireurs. Le drill de sécurité est donc absolument nécessaire.
Remarque :
Percussion centrale : un renfoncement de la forme d’un poinçon est visible au centre de l’amorce ;
Percussion annulaire ou radiale, un poinçonnement est visible sur le pourtour de l’étui.
Vous ôtez le doigt de la détente et le maintenez le long de la glissière
Vous patientez 30 secondes le canon toujours en direction de la cible ! Pourquoi ? car une réaction physico-chimique pourrait faire en sorte que l’explosion de l’amorce et donc la mise à feu de la poudre à l’intérieur de l’étui soit retardée par rapport au moment de la frappe du percuteur
Après les trente secondes :
Vous ôtez le chargeur (pistolet ou arme d’épaule semi-automatique)
Vous agissez sur la glissière ou le verrou afin d’extraire la munition défectueuse de la chambre : reculer la glissière ou le verrou en les maintenant en position ouverte en fin de course. La munition sera éjectée durant cette opération. Vous vérifiez que la chambre est bien vide. Dans le cas d’un long feu, le projectile (balle- ogive) est toujours présente sur son étui car la mise à feu n’a pas eu lieu. L’ogive (ou balle ou projectile) n’a pas été propulsée par la pression occasionnée par l’explosion de la poudre après la percussion de l’amorce. Rem. :Il n’est pas suffisant d’ôter le chargeur d’une arme semi-automatique pour qu’il ne soit plus chargé ! Une munition chambrée est prête à être percutée !
Vous vérifiez par prudence la vacuité du canon au moyen d’une tigette entrée par la bouche (opération théoriquement superflue puisque l’ogive n’a pas été expulsée mais…deux précautions valent mieux qu’une) (vacuité= « état de ce qui est vide »). La bouche du canon toujours en direction de la cible !
Vous déposez la munition défectueuse au bord du tunnel de tir, avec son ogive, en direction de la cible ou mieux encore, vous la confiez au commissaire de tir.
Dans les stands de tir, une « boîte » blindée accueille les munitions défectueuses. Ce récipient s’appelle un « catafalque ». Les munitions problématiques y sont déposées par les tireurs puis collectées et ensuite détruites par un spécialiste.
Si l’examinateur vous demande d’aller déposer la cartouche dans le catafalque, vous REFUSEZ au motif que vous ne pouvez pas quitter le poste de tir en abandonnant votre arme.
Vous devez remballer votre arme comme si vous quittiez le stand (cadenas de pontet – munitions séparées de l’arme – le tout rangé dans votre sac ou valise de transport) avant de déposer la munition dans le catafalque.
Remarque : si vous observez que la munition est bien poinçonnée, c’est la preuve que le percuteur a fonctionné et que c’est la munition qui est probablement défectueuse ; dans le cas contraire, il faut suspecter un problème de fonctionnement de l’arme. Dans les deux cas et par précaution, la procédure long feu est à respecter car, au moment de la pression du doigt sur la détente, si rien ne se passe, vous ne pouvez présumer de la cause du disfonctionnement. Attention cependant, un percuteur usé ou un ressort de percuteur fatigué peuvent légèrement poinçonner l’amorce ou l’étui mais insuffisamment pour provoquer le feu. Les règles de prudence et même de sur-prudence sont toujours d’application. Les accidents sont souvent liés à la banalisation de l’usage. Le drill de sécurité et la discipline personnelle sont, à cet effet, les plus grandes garanties d’évitement.
Procédure de sécurisation de l’arme en situation de long feu pour révolver :
Vous pressez la détente, le chien du révolver est rabattu, vous n’entendez qu’un faible clic, pas de détonation ; le percuteur est venu frapper l’amorce (percussion centrale) ou l’étui (percussion annulaire) mais le coup n’est pas parti.
Vous ôtez le doigt de la détente et le maintenez le long du pontet.
Vous patientez 30 secondes, le canon toujours en direction de la cible !
Après les trente secondes, vous agissez sur le levier d’ouverture du barillet.
Vous extrayez la munition défectueuse.
Vous déposez la munition défectueuse au bord du tunnel de tir, avec son ogive, en direction de la cible ou mieux, vous la confiez au commissaire de tir.
Vous ôtez les autres munitions ou douilles encore présentes dans le barillet (logiquement 4… percutées ou pas)
Vous vérifiez la vacuité du canon avec une tigette.
Vous déposerez la munition défectueuse dans le catafalque, une fois l’arme et ses munitions dûment rangées dans le sac de transport.
Procédure de sécurisation de l’arme en situation coup faible :
Le coup faible, comme son nom l’indique, est un coup qui part, une détonation est entendue mais faiblement ; pas comme d’habitude, qui fait moins de bruit qu’un tir normal.
Causes possibles :
Il n’y a pas de poudre dans la cartouche : erreur de fabrication de la munition, l’amorce provoque seulement une faible détonation
La poudre ne s’enflamme pas car elle est humide, trop vieille
La charge de poudre est insuffisante
Attention, l’ amorce a été percutée, en cas de coup faible, maintenir 30 secondes, l’arme en direction de la cible pour s’assurer que plus rien ne puisse survenir. Une fois la certitude acquise que la munition ne détonnera plus, l’introduction d’une baguette dans le canon par sa bouche (bouche du canon en direction de la cible bien entendu) vous permettra de constater si le canon est obstrué par un projectile.
Conséquences du coup faible :
La pression occasionnée par la mise à feu de l’amorce seule suffit pour que le projectile quitte son étui (sa douille) et s’engage dans le canon de l’arme ; il est possible que le projectile ne sorte pas du canon et reste engagé dans celui-ci. Si une seconde munition est tirée alors que le canon est « bouché » par un projectile, les conséquences peuvent être graves :
le canon s’ouvre, se déchire en deux à cause de la surpression : arme détruite
la glissière ou le verrou reculent anormalement et violemment à cause de la surpression dans le canon obstrué pouvant occasionner des blessures graves au yeux, au visage
des pièces d’armes peuvent céder et être projetées sur vous ou vos voisins
le canon peut être endommagé
Il est également possible que le projectile, dans le cas d’un revolver, arrête sa course entre le barillet et le canon rendant impossible le basculement du barillet. Il n’y a donc plus moyen d’ouvrir le revolver pour le décharger. Dans ce cas, l’armurier devra extraire le projectile de manière sécurisée.
Si telle mésaventure survenait, ranger l’arme en sécurité sans vouloir jouer l’apprenti-sorcier ; toute manipulation hasardeuse peut avoir de graves conséquences pour vous ou votre arme.
Remarque : si l’arme est bloquée en position chargée, introduire un obstacle (un crayon, un morceau de plastique…) entre la carcasse de l’arme et le chien pour sécuriser le revolver dans le transport vers l’armurier.
Procédure de sécurisation de halte au feu !
Le gyrophare du stand et/ou une sirène retentit. Un problème survient dans le stand et le commissaire de tir a déclenché la halte au feu. Vous devez spontanément et immédiatement mettre votre arme en sécurité :
Ôtez le chargeur ou ouvrez votre barillet
Déchargez votre arme en éjectant la munition présente dans la chambre
Ôtez les munitions présentes dans le chargeur ou le barillet et déposez-les à côté du chargeur sur la table de tir
Déposez votre arme sur la table de tir, culasse, verrou ou barillet ouverts, la chambre garnie du safety flag à votre disposition, bien visible pour que le commissaire de tir puisse vérifier d’un coup d’œil la mise en sécurité de votre arme(canon en direction de la cible bien entendu).
Reculez d’un mètre les mains vides et visibles
Attendez les instructions du commissaire de tir
Société de Tir Du Geer
Contact
info@stdg.be
019 32 46 95
17 Rue Auguste Lambert, 4254 Geer
Membre URSTBF n°410